UNE PLANETE A SAUVER

16 décembre 2018

LABORATOIRE DE BURE (1) - INTRODUCTION

Le laboratoire de Bure, ou laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne (LSMHM), est un réseau de galeries souterraines localisé sous le territoire des communes de Bure (Meuse) et Saudron (Haute-Marne) en France. Dans le cadre des recherches sur le stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde, ce laboratoire de recherche souterrain est exploité par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) afin d'évaluer les propriétés de confinement de la formation géologique située à 500 mètres de profondeur pour le projet Cigéo de stockage des déchets nucléaires.

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En application de la loi Bataille de 1991, le Gouvernement Lionel Jospin charge l'ANDRA de construire le laboratoire, qui débute en 2000. Une première phase de construction (des expériences sont menées en parallèle) s'achève en 2007 et des travaux d'extension sont en cours depuis 2008. Les expériences conduites dans le laboratoire soutiennent le dossier de faisabilité d'un stockage géologique remis par l'Andra au gouvernement en 2005. La loi de programme du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs désigne le stockage en formation géologique profonde de faible perméabilité comme solution de référence pour l’« évacuation définitive » des déchets radioactifs de haute activité et à vie longue. Elle confirme l'Andra comme maître d'ouvrage du projet et un décret proroge l'autorisation d'exploiter le laboratoire jusqu'à fin 2011.

Les performances de sûreté à long terme d’un tel centre de stockage sont dépendantes des caractéristiques de la roche hôte. Les argilites (mélange d’argile et de quartz) du Callovo-Oxfordien (période du Jurassique) possèdent a priori des caractéristiques physico-chimiques qui tendent à limiter la migration des radionucléides. L’objet du laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne est donc l’étude de la couche d’argilite située à environ 500 m de profondeur dans l’est du bassin parisien, en vue de déterminer si ses caractéristiques sont cohérentes avec les objectifs de sûreté d’un centre de stockage implanté au sein de la zone de transposition.

Ce projet est contesté par un certain nombre d'associations locales et nationales. Des actions en justice et de désobéissance civile ont été entreprises par les opposants.

D'après Wikipédia

 

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15 décembre 2018

RECYCLER C'EST STYLE

Article de Elle magazine - octobre 2018

Qu'est-ce qui est écologique, économique et tendance ? Acheter moins, et redécouvrir ses propres vêtements.

Ils débordent ! Quoi donc ? Nos placards bien sûr ! Des petites robes noires par dizaines, des chaussures dans tous les recoins de la maison, des jeans qui s'entassent en haut des étagères, des manteaux qui échouent à la cave : jamais nous n'avons possédé autant de vêtements. Alors que 100 milliards de pièces textiles sont produites chaque année (source : Greenpeace), nous ne mettons qu'une infime partie des habits que nous achetons ; 72 % des Européennes admettent utiliser moins de la moitié de leur garde-robe (étude IFM) et, en général, un vêtement neuf n'est pas porté plus de cinq fois (source : Forbes). Comble de ce phénomène, le syndrome "J'ai rien à me mettre", qui nous pousse sans fin dans les bras des magasins. Pourtant, des événements tragiques, comme l'effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013 ou les révélations alarmantes sur les ravages écologiques de cette industrie polluante réveillent peu à peu notre conscience.

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Même si l'ampleur des enjeux nous dépasse, il est possible d'agir à notre échelle. Comment ? En rationnalisant nos placards, et donc nos achats, en valorisant les pépites que nous possédons déjà. "Avoir une armoire qui ne contient que des pièces que vous appréciez et que vous portez se révèle libérateur", défend Anuschka Rees, auteure du livre de référence sur la question, The curated closet (éd. Ten Speed Press). La bonne nouvelle, c'est qu'il suffit de piocher dans son dressing ou celui-ci de sa mère pour suivre la tendance. Silhouette seventies par-ci, touches nineties par-là, la mode est en plein "revival". Retour des santiags chez Isabel Marant, profusion d'imprimés léopard chez Givenchy, autant de pièces qui sommeillent probablement sous nos piles de fringues. "Il faut apprendre à faire du shopping dans sa penderie, faire l'effort de regarder ses vêtements autrement que pour raconter une autre histoire", conseille Isabelle Thomas, styliste personnelle et auteur de Mon dressing idéal (éd. Solar).

Les filles débrouille peuvent aussi s'essayer à l'"upcycling", ce réflexe écorsponsable qui consiste à fabriquer de nouvelles pièces à partir de vieilles pièces. "La règle de base, c'est de jeter le moins possible de vêtements car ils finissent incinérés ou enfouis, explique Anaïs Dautais Warmel, fondatrice du label Les récupérables. Osez-vous remettre à la couture ! Nos grands-mères reprisaient les chaussettes, plus personne ne le fait, c'est dommage." Pour cette convaincue, l'upcycling est à la portée de tous : "Il y a de nombreux tutos sur le Net et, sans être une prof de la Singer, quelques gestes simples peuvent redonner vie à des habits démodés. Si une robe vintage retrouvée au fond du placard a un joli tissu, mais une coupe datée, il suffit de la raccourcir ou de faire reprendre ses manches par un couturier de quartier. Teindre un jean noir fatigué, le couper au-dessus de la cheville, ça marche toujours. Même chose pour les blouses ou les T-shirts blancs défraîchis, on les colore dans des tons flashy avec de la teinture à base de pigments naturels." Autre conseil : troquer les boutons banals d'une veste, d'un manteau, contre des dorés ou en écaille, pour lui donner un nouveau look.

Cette façon neuve d'envisager sa garde-robe n'est plus une lubie de quelques militantes de la mode green : le géant suédois H&M vient de lancer sa plateforme d'upcycling Take Care. Au programme : des corners de réparation et de customisation des vieux habits de la marque moyennant quelques euros et un site de tips et de tutos pour mieux les entretenir et les repimper. Une démarche pratique et écolo qui se généralise aussi parce qu'elle raconte un rapport moins superficiel à la mode et au style : "L'histoire d'un vêtement, sa charge affective sont aujourd'hui particulièrement valorisées, décrypte Claire Savoy, fondatrice du bureau de tendances Liberté. Mixer une veste des années 1980 avec des baskets branchées montre qu'on maîtrise les codes et une certaine culture de la mode. Cela permet de s'affirmer, de se différencier, des aspirations très fortes de l'époque."

Vous n'avez rien de prévu ce week-end ? Prenez quelques heures pour faire le reboot de votre garde-robe... Bonne conscience et bons looks garantis !

 

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14 décembre 2018

SURPOPULATION (3) - CAPACITE DE CHARGE

La capacité porteuse (ou capacité de charge, ou capacité limite) en écologie est la taille maximale de la population d’un organisme qu’un milieu donné peut supporter, c'est-à-dire la capacité de ce milieu à :

– fournir les ressources nécessaires pour assurer la pérennité de cette espèce ;
– réparer les agressions (pollutions, perturbation des régulations écologiques naturelles) infligées par cette espèce à son environnement.

Des estimations très divergentes ont été proposées pour la capacité de charge de l'espèce humaine sur la planète. Les estimations vont de 100 millions (Cousteau) à 1000 milliards. Un rapport de 2001 de l'ONU dit que les 2/3 des estimations sont situées entre 4 milliards et 16 milliards, avec une médiane d'environ 10 milliards Les estimations plus récentes sont beaucoup plus basses, particulièrement lorsque l'épuisement des ressources et les problèmes environnementaux sont pris en considération.

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Dans une étude intitulée Nourriture, Terres, Population et l'économie U.S., David Pimentel, professeur d'écologie et d'agriculture à l'université Cornell, et Mario Giampietro, chercheur senior à la National Research Institute on Food and Nutrition (INRAN), estiment que la population maximale des États-Unis compatible avec une économie durable est de 200 millions. Afin de parvenir à une économie durable et d'éviter un désastre, les États-Unis devraient réduire leur population d'au moins un tiers, et la population mondiale devrait être réduite des deux tiers.

Des organisations environnementalistes telles que le Fonds mondial pour la nature (WWF) et Global Footprint Network ont établi que la capacité de charge pour la population humaine a été dépassée selon les calculs effectués sur l'empreinte écologique. En 2018, la base de données du Global Footprint Network annonce qu'en 2014, l’empreinte écologique de l'humanité atteint 20,6 milliards d'hectares globaux, soit 2,84 hectares globaux (hag) par habitant, alors que la biocapacité de la planète n'est que de 12,2 milliards d'hag, soit 1,68 hectares globaux (hag) par habitant ; nous avons ainsi besoin de la capacité régénératrice de 1,7 Terre pour disposer des services écologiques dont nous avons besoin chaque année. Dans l’ensemble, l’empreinte écologique de l’humanité a augmenté de 193 % en 53 ans, passant de 7,04 milliards d'hag en 1961 à 20,60 milliards d'hag en 2014, alors que la biocapacité de la planète n'a progressé que de 27 %, passant de 9,61 milliards d'hag en 1961 à 12,22 milliards d'hag en 2014. Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des États-Unis (empreinte écologique : 8,37 hag), il faudrait une biocapacité équivalente à cinq planètes pour répondre à la consommation de l’humanité et absorber les émissions de gaz à effet de serre. Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen (empreinte écologique : 1,12 hag), l’humanité n’utiliserait que les deux tiers de la biocapacité de la planète.

Afin d'illustrer cette notion, Global Footprint Network publie chaque année la date du « Jour du dépassement », le jour où l’humanité a épuisé le budget écologique annuel de la planète : pour 2018, c'était le 1er août alors qu'en 1970 c'était le 29 décembre.

Des critiques ont été émises sur les simplifications et sur les méthodes statistiques utilisées pour le calcul de l'Empreinte écologique. C'est pourquoi Global Footprint Network et ses organisations partenaires se sont mises en rapport avec des gouvernements nationaux et des agences internationales pour tester leurs résultats ; en 2014, on compte 39 États qui se sont engagés à mesurer leur empreinte écologique et en tenir compte dans leurs politiques, ainsi que 21 organisations internationales et 11 villes ou provinces. Certains soulignent qu'une méthode plus affinée d'évaluation de l'Empreinte écologique pourrait différencier les catégories de consommation durables et non-durables. Cependant, si les estimations de rendement étaient ajustées pour des niveaux durables de production, les valeurs de rendement seraient plus basses, donc le dépassement estimé par la méthode de l'empreinte écologique serait encore plus élevé.

D'après Wikipédia

 

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13 décembre 2018

LA SITUATION S'AMELIORE POUR LES BALEINES ET LES GORILLES

Article de Lexpress.fr - novembre 2018  

Alors qu'ils étaient en grave danger il y a quelques années, baleines et gorilles sont aujourd'hui moins menacés.

Auparavant considéré comme une espèce "en danger", le rorqual commun, plus grand animal au monde après la baleine bleue, est désormais classé comme "vulnérable", comme le rapporte une étude de l'Union mondiale pour la nature (UICN) publiée mercredi 14 novembre. La population mondiale de l'espèce a doublé depuis les années 1970 grâce notamment aux interdictions de chasse à la baleine, selon la Liste Rouge actualisée de l'UICN.

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Cette liste mise à jour donne aussi espoir aux gorilles des montagnes, dont le statut de conservation est passé de "en danger critique" à "en danger" grâce notamment aux patrouilles antibraconnage. Estimés à environ 680 individus en 2008, ils ont dépassé les 1000 individus en 2018, chiffre le plus élevé jamais enregistré. Mais le braconnage, la destruction de leur habitat et les maladies introduites par l'homme restent de graves menaces pour ces gorilles.

Mon commentaire : Y a encore du boulot !

 

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12 décembre 2018

BEE'S WRAP : LES EMBALLAGES EN CIRE FONT MOUCHE

Article de Lexpress.com - novembre 2018  

Le bee's wrap est un tissu recouvert de cire d'abeille. Pratique et écologique, il est une bonne alternative au film alimentaire. 

Exit l'alu et le film plastique polluants pour recouvrir nos aliments, place aux très photogéniques bee's wraps, imaginés par une mère de famille américaine en 2012. Ces carrés imperméabilisés, thermoformables et réutilisables à l'infini sont constitués de tissus enduits de cire d'abeille.

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Les bee's wraps recouvrent les récipients alimentaires en s'ajustant à la forme souhaitée grâce à la chaleur des mains. Le tissu laisse passer l'air tout en préservant les aliments de l'humidité, ce qui permet leur bonne conservation, que ce soit à l'air libre ou au réfrigérateur - y compris au congélateur. Faciles à utiliser et à entretenir, ce sont les nouveaux alliés des adeptes de l'anti-gaspillage, au même titre que les pailles en inox ou les cure-oreilles.

Camille Binet-Dezert, blogueuse et auteure de Créations zéro-déchet (éd. Mango Green), a franchi le cap lorsqu'elle a commencé à faire ses courses avec ses propres contenants. "Nous y allons avec des Tupperware en verre, des sacs en tissu et des bee's wraps, qui nous permettent de limiter le nombre de pots en verre. C'est moins lourd à porter, se félicite-t-elle. On en apporte notamment chez notre fromager, pour emballer fromages et beurre. Cela remplace les papiers à usage unique habituels." Ultime avantage : les bee's wraps ne laissent pas d'odeur sur les aliments, contrairement au film plastique.

Deux options s'offrent à ceux qui veulent franchir le pas : les confectionner eux-mêmes ou les acheter. De nombreux tutos sont disponibles sur Internet. Sur Instagram, ils sont regroupés sous le hashtag #beeswrap, qui comptabilise près de 10 000 publications.

"Nous fonctionnons avec de la récup', des tissus découpés, des anciens mouchoirs... Je privilégie les tissus anciens , peu teints ou biologiques , mais il faut en tester plusieurs car ils ne réagissent pas tous de la même manière. Il ne faut pas s' arrêter sur un échec", conseille Camille Binet-Dezert. Il suffit ensuite de recouvrir le textile de cire d'abeille -en paillettes , disponibles en ligne ou dans les magasins bio-, puis de le passer au four ou sous un fer à repasser , entre deux feuilles de papier cuisson , et de le laisser sécher.

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Ils se lavent à l'aide de savon doux et d'eau froide - surtout pas d' eau chaude, la chaleur ferait fondre la cire. Les bee's wraps gardent leur forme pendant quatre à six mois, sont utilisables des deux côtés et peuvent être "recirés" passé ce délai. Seules contre-indications, ils ne peuvent couvrir ni aliments chauds ou tièdes - car cela ferait fondre la cire -, ni viandes crues, pour des questions d' hygiène - ne pouvant être lavés qu'à l'eau froide et au savon doux, ils ne sont pas désinfectés.

Moins nocifs pour la planète, les bee's wraps permettent aussi de réduire les dépenses en produits d'entretien, surtout lorsqu'ils sont fabriqués maison. "Un paquet de cire d'abeille en paillettes coûte 10 euros les 500 g environ, et suffira pour une année", témoigne Camille Binet. Si vous n'êtes pas très DIY (" Do It Yourself ") et que vous préférez investir, certaines entreprises se sont placées sur le créneau en France.

C'est le cas d'Abeillons, fondée en 2016 à Toulouse par un couple qui avait découvert ce produit en Nouvelle-Zélande. "Au début, on vendait nos carrés sur les marchés, les gens découvraient le concept, détaille Faustine Lambin, la fondatrice. Le phénomène a vraiment pris en 2017. Désormais, on tourne à un peu plus d'une centaine de commandes par mois". Leur cire d'abeille provient du surplus d'apiculteurs locaux, à qui ils rachètent la matière en direct, et leur coton est certifié GOTS, ce qui signifie que plus de 70 % des fibres utilisées sont d'origine biologique.

Face au succès, Faustine et son partenaire ont développé des sachets sur le même principe, pour stocker des aliments secs. Comptez entre 10 et 15 euros pour deux carrés, entre 14 et 20 euros pour un sachet, selon la taille et le modèle choisis.

Mon commentaire : Reste... à sauver les abeilles !

 

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11 décembre 2018

SURPOPULATION (2) : HISTOIRE

Histoire de la croissance démographique

La paléodémographie étudie les comportements et les structures des populations préhistoriques. Elle a permis par exemple d'évaluer la population totale d’Homo ergaster, qui vivait en Afrique entre - 1,8 et 1 million d'années avant notre ère, au maximum à 200 000 individus.

L'économie de la société paléolithique est celle de chasseurs-cueilleurs. La densité de population est estimée autour d'un habitant par kilomètre carré, cette faible densité étant principalement due à une masse grasse corporelle faible, aux infanticides, aux femmes se livrant à des exercices d'endurance intenses, au sevrage tardif des nourrissons et au mode de vie nomade.

Selon la théorie de la catastrophe de Toba, une gigantesque éruption volcanique a modifié l'histoire de l'évolution humaine par une réduction sévère de la population il y a environ 74 000 ans : la population mondiale aurait été réduite à 15 000 individus. Depuis cette époque jusqu'à la fin du Paléolithique, on estime que la population mondiale n'a probablement jamais dépassé, selon les sources, 1 million à 15 millions d'individus avant l'invention de l'agriculture.

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Démographie mondiale estimée, depuis la fin de la dernière glaciation (10 000 ans environ)

La révolution néolithique, après la fin de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans, entraîne une explosion démographique grâce à l'invention de l'agriculture. Les estimations de population de l'Empire romain s'élèvent à 50–60 millions d'habitants vers 300–400 ap. J.-C. 

La peste dont la première apparition connue date du règne de Justinien a réduit la population de l'Europe d'environ 50 % entre 542 et le VIIIe siècle. Les estimations de la population totale de l'Europe à l'époque de Charlemagne sont floues, mais elle est évaluée entre 25 et 30 millions, dont 15 millions en France carolingienne. 

Au début du XIVe siècle, après une longue période d'expansion par défrichement, l'Angleterre est passée d'environ un million d'habitants en 1086 à une fourchette de 5 à 7 millions, la France de 1328 est géographiquement plus petite qu'aujourd'hui mais a déjà entre 18 à 20 millions d'habitants. Plusieurs catastrophes viennent décimer des millions d'Européens, de la Grande famine de 1315-1317 à la Peste noire en passant par la guerre de Cent Ans. La pandémie de la Peste noire pourrait avoir réduit la population mondiale de 450 millions en 1340 à 350-375 millions en 1400 ; il faudra près de 200 ans pour que la population de l'Europe retrouve son niveau de 1340. La population de l'Europe dépasse alors 70 millions.

La Chine subit un déclin démographique depuis un niveau estimé à 123 millions vers 1200 jusqu'à environ 65 millions en 1393,  probablement dû à la combinaison des invasions mongoles et à la peste noire. Lors de la fondation de la Dynastie Ming en 1368, la population de la Chine est évaluée à 60 millions ; vers la fin de la dynastie en 1644, elle pourrait avoir approché 150 millions.

Les nouvelles cultures apportées à l'Asie et l'Europe depuis les Amériques par les colonisateurs espagnols au XVIe siècle contribuent à la croissance de la population. Depuis leur introduction par les commerçants portugais, le maïs et le manioc ont remplacé les cultures traditionnelles d'Afrique et sont les plus importants aliments de base du continent.

La population totale des Amériques en 1500 pourrait s'être située entre 50 et 100 millions. La population précolombienne d'Amérique du Nord se chiffrait probablement quelque part entre 2 millions et 18 millions. Les rencontres entre explorateurs européens et populations du reste du monde ont souvent introduit localement des épidémies d'une extraordinaire virulence. Des preuves archéologiques indiquent que la mort de près de 90 % de la population indigène Amérindienne du Nouveau Monde a été causée par des maladies de l'Ancien Monde telles que la variole, la rougeole et la grippe. Au fil des siècles, les Européens ont développé de hauts degrés d'immunité à ces maladies, que les peuples indigènes n'ont pas.

La Révolution industrielle a entrainé, du fait de l'augmentation du niveau de vie et des progrès de la médecine, une baisse de la mortalité, et par conséquent une croissance de la population dont le taux s'accélère progressivement. Cet enchaînement débute en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle, puis se propage à la France au début du XIXe siècle, à l’Allemagne et aux États-Unis, au Japon puis à la Russie.

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La population mondiale à la fin du XVIIIe siècle est estimée à un peu moins d'un milliard. Au début du XXe siècle, elle atteint environ 1,6 milliard. En 1940, elle est déjà de 2,3 milliards.

La croissance démographique devient spectaculaire à partir de 1950 (plus de 1,8 % par an) du fait de la généralisation de la Révolution industrielle à l'ensemble de la planète et en particulier de la forte croissance de la production alimentaire apportée par l'industrialisation de l'agriculture provoquée par la Révolution verte. 

L'Indonésie voit croître sa population de 97 millions en 1961 à 237,6 millions en 2010, soit une augmentation de 145 % en 49 ans. En Inde, la population a cru de 361 millions en 1951 à 1,21 milliard en 2011, un bond de 235 % en 60 ans.

La croissance démographique est très inégalement répartie. Les taux les plus élevés concernent les pays qui ont amorcé leur transition démographique le plus tardivement, alors que ceux qui l'ont commencée les premiers ont des taux de croissance faibles, voire négatifs.

En France

Les Homo erectus dont les archéologues ont retrouvé des traces datées de 1,6 million d'années près de Béziers ne sont que quelques milliers en France. On estime aujourd'hui que les hommes préhistoriques vivant (sur ce qui correspondait à cette époque au territoire français actuel) de chasse et de cueillette étaient en état de « surpopulation » à partir de 3 à 4 habitants en moyenne au km², mais avec des déséquilibres manifestes n'apparaissant probablement qu'à un seuil de 8 à 10 habitants/km². Une surpopulation locale se résolvait alors par l'émigration ou une surmortalité temporaire (famine et/ou maladie) et peut-être parfois des conflits armés.

L'agriculture sur brûlis a permis une première hausse de population (à environ 10 hab./km2), mais ce système induit rapidement une crise auto-entretenue (cercle vicieux par la dégradation des meilleurs sols et la lenteur de la reconstitution du couvert forestier).

L'invention de l'agriculture et de l'élevage, puis la diffusion de l'assolement biennal permettent un nouveau seuil (d'environ 20 habitants/km²) en France dans l'Antiquité, passant à 35 à 40 au Moyen Âge grâce notamment à la jachère et à des systèmes de polyculture-élevage d'agrosylviculture et à l'introduction de la charrue (qui permet un désherbage éliminant la compétition par les adventices, mais dégrade rapidement l'humus et produit une semelle de labour). L'assolement triennal sur les sols très riches de la moitié nord de la France et l'invention du bocage de haies vives en Bretagne et Normandie ont encore augmenté les rendements, permettant à un maximum de 20 millions d'habitants de vivre de la production du sol et de la pêche. Il semble qu'une limite est atteinte au cours du XIIIe siècle : la croissance diminue ainsi que la qualité des sols cultivés, fragilisant les populations (d'où probablement la virulence de la Grande Peste de 1346 qui tue un tiers de la population européenne).

Ce seuil de 20 millions d'habitants est à nouveau atteint à la fin du XVIe siècle. Cependant, la reproduction à l'identique du système agraire féodal produit les mêmes effets : nouvelle baisse de la population française de 20 millions en 1560 à 16 millions en 1590 (c'est en France l'époque des guerres de religion). Sous Louis XIV, le chiffre de 20 millions est à nouveau atteint puis dépassé grâce aux progrès de l'agriculture au XVIIIe siècle (28 millions d'habitants à la Révolution) et surtout au XIXe siècle : nouvelles cultures (pomme de terre), amélioration de l'alimentation (sucre et conserves puis réfrigération notamment), amélioration des techniques et des outils (engrais), utilisation d'énergies fossiles. 

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Projections démographiques

Selon la variante médiane des projections démographiques des Nations unies World Population Prospects : the 2017 revision :

--- La population mondiale continuerait à croître fortement, atteignant 9,77 milliards en 2050 et 11,18 milliards en 2100 contre 7,55 en 2017 ; dans la variante haute (avec un demi-enfant de plus par femme en moyenne) la population atteindrait même 10,8 milliards en 2050 et 16,5 en 2100.

--- Elle croît actuellement (2017) de 1,10 % par an (contre 1,24 % dix ans auparavant), soit environ 83 million d'individus (contre 74 millions dans la version 2010 du rapport de l'ONU). Le scénario médian estime qu'elle va atteindre 9,77 milliards en 2050, en supposant un déclin du taux de fécondité moyen mondial de 2,5 enfants par femme en 2010-2015 à 2,4 en 2025-2030 et 2,0 en 2095-2100, ce qui suppose des réductions abruptes dans les pays moins développés, de 4,3 en 2010-2015 à 3,5 en 2025-2030 et 2,1 en 2095-2100 ; le rapport que l'incertitude sur ces dernières hypothèses est élevée et précise qu'elles supposent une large extension de l'accès au planning familial.

--- Plus de la moitié de l'accroissement d'ici 2050 se situerait en Afrique : +1,3 milliard sur +2,2 milliards ; l'Asie gagnerait 750 millions d'habitants. À l'inverse, la population de l'Europe baisserait. La population des États-Unis croîtrait de 20 % de 2017 (325 M) à 2050 (390 M) du fait de l'immigration.

--- Il est intéressant de comparer les versions successives de ces projections des Nations unies : la population 2050 dans la variante médiane évolue comme suit :

  • version 2008 (publiée en 2009) : 9,1 milliards ;
  • version 2010 (publiée en 2011) : 9,3 milliards ;
  • version 2012 (publiée en 2013) : 9,6 milliards ;
  • version 2015 (publiée en 2015) : 9,7 milliards ;
  • version 2017 (publiée en 2017) : 9,77 milliards.

On constate une dérive haussière qui semble révéler un biais systématique dans les hypothèses de baisse de la fécondité, toujours trop optimistes ; cette tendance à sous-estimer la croissance démographique est très répandue chez les démographes, qui ont souvent tendance à considérer que les problèmes démographiques se résoudront d'eux-mêmes.

On constate la même dérive dans les prévisions de l'INED qui prévoit en 2017 pour 2050 une population de 9,85 milliards alors que sa prévision 2015 était de 9,8 milliards, celle de 2013 de 9,73 milliards, celle de 2011 de 9,587 milliards et celle de 2009 de 9,42 milliards.

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--- Les taux de croissance démographiques les plus élevés sont constatés dans les 47 pays les moins développés (dont 33 pays africains), dont le taux de fertilité atteignait 4,3 enfants par femme en 2010-2015 ; de 2017 à 2050, leur population devrait presque doubler, de 1 milliard à 1,9 milliard, et atteindrait 3,2 milliards en 2100 ; 33 pays ont une haute probabilité d'au moins tripler leur population entre 2017 et 2010, et parmi eux six la verraient plus que quintuplée d'ici 2100 selon ces projections : l'Angola, le Burundi, le Niger, la Somalie, la Tanzanie et la Zambie. On peut s'interroger sur la validité de ce type de projections basées uniquement sur l'extrapolation des évolutions passées des taux de fécondité, sans prise en compte des limites physiques imposées par les ressources disponibles et les équilibres écologiques : certains de ces pays, en particulier ceux du Sahel (Niger, Mali, moitié nord du Nigéria) et ceux de la Corne de l'Afrique (Somalie), sont déjà affectés de famines récurrentes, d'autres sont déjà surpeuplés comme le Burundi, qui apparait comme l'un des 3 pays les plus pauvres du monde dans tous les classements (PPA) par habitant) et est affecté de famines fréquentes (en particulier en 2007 et en 2011) ; on peut donc craindre qu'une évolution aussi explosive débouche sur des crises écologiques dont l'impact sur le taux de mortalité et/ou sur l'émigration remettrait en cause ces projections.

--- L'accroissement mondial prévu est concentré sur un petit nombre de pays : sur la période 2017–2050, neuf pays compteront pour la moitié de l'accroissement mondial : Inde, Nigeria, République démocratique du Congo, Pakistan, Éthiopie, Tanzanie, États-Unis, Ouganda, Indonésie, par ordre de taille de leur contribution à la croissance de la population. La Chine, qui figurerait dans cette liste si elle n'avait pas mené sa Politique de l'enfant unique, cèdera en 2024 à l'Inde sa place de pays le plus peuplé du monde, et entamera un lent déclin démographique dans les années 2030.

--- La population de 51 pays ou régions est prévue en baisse en 2050 par rapport à 2017 ; dans plusieurs de ces pays, ce déclin dépassera 15 %, dont : Bulgarie, Croatie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Moldavie, Roumanie, Serbie et Ukraine. Dans tous les pays européens, la fertilité est déjà tombée au-dessous du seuil requis pour le maintien à long terme de la population : 2,1 enfant par femme ; en 2010-2015, 46 % de la population mondiale vivait dans des pays dont la fertilité est inférieure à ce seuil : toute l'Europe, l'Amérique du nord, 19 pays d'Asie, 15 pays d'Amérique latine ; les plus grands pays à basse fertilité sont la Chine, les États-Unis, le Brésil, la Russie, le Japon et le Vietnam, l'Allemagne, l'Iran, la Thaïlande et le Royaume-uni.

--- Sur la période 2015–2050, l'immigration internationale nette vers l'Europe est estimée à 32 millions. Comme il est prévu que les décès y excèdent les naissances de 57 millions, l'immigration internationale ne suffirait donc pas à compenser le déficit démographique naturel. Les moyennes annuelles d'immigration de 2015 à 2050 les plus élevées (plus de 100 000 par an) sont prévues aux États-Unis, en Allemagne, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Russie ; les principaux pays d'émigration nette (plus de 100 000 par an) seraient l'Inde, le Bangladesh, la Chine, le Pakistan et l'Indonésie.

L'origine de la surpopulation : la transition démographique

Le phénomène qui a abouti à l'explosion démographique observée depuis le XVIIIe siècle s'est déroulé en plusieurs phases :

--- La situation antérieure était une situation d'équilibre, caractérisée par un fort taux de natalité et un fort taux de mortalité, ce qui résultait en un accroissement naturel proche de zéro en moyenne. Cet équilibre global de longue période était ponctué de nombreux pics de mortalité dus à des famines, des épidémies ou encore des guerres ; souvent, ces trois facteurs se combinaient, se renforçant mutuellement. Le fort taux de natalité compensait à la fois ces pics de mortalité et le fort taux de mortalité infantile.

--- Première phase de transition : le taux de mortalité chute fortement (amélioration de l'alimentation, de l'hygiène, progrès sanitaire, industrialisation…) tandis que la natalité reste forte voire augmente. L'accroissement naturel est donc fort, ce qui signifie une croissance rapide de la population.

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--- Seconde phase de transition : la mortalité continue à baisser, mais plus lentement, et la natalité se met elle aussi à décroître par un changement des mœurs adaptés aux précédents progrès. Le maximum de l'accroissement naturel est atteint au début de cette deuxième phase. Puis la natalité baisse plus fortement et on a donc une décélération du rythme d'accroissement de la population.

--- Régime démographique moderne (post-transition) : les taux de natalité et de mortalité se stabilisent à un niveau faible. La mortalité est à peu près égale d'une année à l'autre et la régulation de la population se fait désormais par la natalité qui connaît des fluctuations (pendant le régime traditionnel c'était la mortalité qui avait ce rôle régulateur). Parfois, le taux d'accroissement naturel peut devenir négatif, ce qui entraîne alors le vieillissement de la population, et plus tard, une diminution de celle-ci. On trouve ce cas dans un nombre croissant de pays, pour la plupart européens, où le taux d'accroissement naturel est négatif : Russie, Allemagne, Japon, Italie, Ukraine, Roumanie, etc. (voir liste de ces pays dans l'article Décroissance démographique).

Les premiers pays à avoir connu la transition démographique sont les pays européens, en premier lieu la Grande-Bretagne, berceau de la révolution industrielle. La durée de la transition est variable selon les pays. Par exemple, elle a duré un siècle et demi en Suède ou en Angleterre alors que la Corée du Sud l'a réalisée en 50 ans. On estime que la plupart des pays d'Europe, plus particulièrement l'Allemagne et l'Italie, vont connaître une forme extrême de ce phénomène, où le vieillissement s'accompagnera d'une diminution de la population. Aujourd'hui tous les pays ont au moins commencé la première phase de baisse préalable de la mortalité.

Histoire des idées sur la surpopulation

Les préoccupations au sujet de la surpopulation sont anciennes. Selon Aristote dans La Politique, il y a un danger pour l'ordre public lorsque les hommes deviennent trop nombreux : « Un nombre important ne peut admettre l'ordre : quand il y a trop de citoyens, ils échappent au contrôle, les gens ne se connaissent pas, ce qui favorise la criminalité. De plus, il est facile aux étrangers et aux métèques d'usurper le droit de cité, en passant inaperçus du fait de leur nombre excessif. »

Tertullien (150-220), écrivain et théologien chrétien qui vit à Carthage alors que la population mondiale n'est que de 190 millions d'habitants, à peine 3 % de ce qu'elle est de nos jours, écrit : « Assurément il suffit de jeter les yeux sur l'univers pour reconnaître qu'il devient de jour en jour plus riche et plus peuplé qu'autrefois. Tout est frayé ; tout est connu ; tout s'ouvre au commerce... Comme témoignage décisif de l'accroissement du genre humain, nous sommes un fardeau pour le monde ; à peine si les éléments nous suffisent ; les nécessités deviennent plus pressantes ; cette plainte est dans toutes les bouches : la nature va nous manquer. Il est bien vrai que les pestes, les famines, les guerres, les gouffres qui ensevelissent les cités, doivent être regardés comme un remède, espèce de tonte pour les accroissements du genre humain. »

Tout au long de l'histoire, les populations ont grandi lentement malgré des taux de natalité élevés, du fait des coupes claires infligés aux populations par les guerres, les pestes et la forte mortalité infantile. Pendant les 1000 années qui ont précédé la révolution industrielle, la population mondiale n'a augmenté que très lentement, passant de 200 millions à 700 millions.  

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Au début du XIXe siècle, la population a dépassé le milliard d'individus, et des intellectuels tels que Thomas Malthus et les économistes physiocrates prédisent que le genre humain va outrepasser les limites des ressources disponibles, puisqu'une quantité finie de terres est incapable de supporter une population s'accroissant perpétuellement (Malthus prédit mathématiquement que sans freins, la population augmente de façon exponentielle tandis que les ressources ne croissent que de façon arithmétique) ; les hommes en surplus seront condamnés à la famine ou à la maladie, Mère Nature éliminant ainsi « l'excédent humain. »

Les mercantilistes soutiennent au contraire qu'une population nombreuse est une forme de richesse, qui rend possible la création de plus vastes marchés et armées.

Pendant le XIXe siècle, l'œuvre de Thomas Malthus a souvent été interprétée de façon à rendre les pauvres responsables de leur condition ; il prône ainsi l'arrêt de toute aide aux nécessiteux, car les aider aggrave leur condition à long terme...

À l'autre extrémité de l'éventail politique, Karl Marx développe une analyse très différente du thème de la surpopulation, longuement traitée dans le chapitre XXV du livre I du Capital intitulé La loi générale de l’accumulation capitaliste : pour Marx, la surpopulation relative provient du fait que la production capitaliste n'a pas pour but premier de satisfaire les besoins sociaux existants, encore moins d'employer la main-d’œuvre disponible. Son but propre et en fait unique est la valorisation du capital, l'accroissement de la valeur-capital engagée dans la production par la formation d'une plus-value, et son accumulation, par capitalisation de cette plus-value. Et c'est uniquement en fonction des nécessités et des possibilités de cette valorisation et de cette accumulation que la population active va se trouver employée par le capital. Si excès de population il y a, il s'agit donc d'un excès seulement relatif au niveau de l'emploi tel qu'il est déterminé par les nécessités et les possibilités de la valorisation et de l'accumulation du capital. Cette surpopulation relative constitue ce que Marx nomme, d'une expression très imagée, « l'armée industrielle de réserve » du capital : une réserve de main-d’œuvre que le capital embauche ou débauche, de manière à gonfler ou dégonfler « l'armée industrielle en activité », c'est-à-dire la main-d’œuvre salariée employée. Ce volant de chômeurs permet de faire pression sur les salaires.

La fin des années 1960 et les années 1970 sont marquées par la publication de plusieurs ouvrages fondamentaux qui ont connu un grand retentissement, surtout dans les pays anglophones, mais aussi dans le monde entier :

--- The population Bomb de l'écrivain américain Paul R. Ehrlich, biologiste, écologue et démographe : cet ouvrage paru en 1968, dont le sous-titre est : Contrôle des naissances ou course vers le néant ? met en garde contre les dangers de la surpopulation, prédit des famines massives et une augmentation substantielle des taux de mortalité ; il préconise des mesures de limitation des naissances.

--- The Limits to Growth, rapport demandé en 1970 à une équipe du Massachusetts Institute of Technology, dirigée par Dennis Meadows, par le Club de Rome créé par l'industriel italien Aurelio Peccei. Cet ouvrage, publié en français en 1972 sous le titre Halte à la croissance ?, repose sur un modèle informatique de type Dynamique des systèmes baptisé World3 ; il est la première étude importante soulignant les dangers écologiques de la croissance économique et démographique que connaît le monde à cette époque. En étudiant divers scénarios prévisionnels, il montre que la croissance démographique et économique ne pourra pas se poursuivre longtemps à un rythme exponentiel, car les limites physiques posées par les ressources de la planète, mais aussi par les délais de réaction de l'environnement ainsi que ceux des sociétés humaines, entraîneront inéluctablement le déclenchement de rétroactions négatives qui ramèneront le système mondial vers un état soutenable, avec un risque important que cette transition prenne la forme d'un effondrement. Ils argumentent en faveur de mesures préventives, dont la limitation des naissances, un mode de vie plus économe et l'amélioration de l'efficience dans les activités économiques, afin d'éviter que la Nature régule elle-même le système, avec des méthodes beaucoup plus expéditives : l'éternel trio famines-épidémies-guerres.

--- Gaïa, a new look at life on earth de l'écrivain anglais James Lovelock, penseur, scientifique et environnementaliste spécialiste des sciences de l'atmosphère, paru en 1979 en anglais et en 1986 en français sous le titre La Terre est un être vivant, l’hypothèse Gaïa. L'hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique selon laquelle la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d'années, en harmonie avec la vie ». Le principal problème est, pour Lovelock — et a contrario de la pensée commune — la démographie, cause de la pollution et de la surexploitation des ressources naturelles : « Les choses que nous faisons à la planète ne sont pas agressives et ne représentent pas non plus une menace géophysiologique, tant que nous ne les faisons pas à grande échelle. S’il n’y avait sur Terre que 500 millions d’humains, pratiquement rien de ce que nous faisons actuellement à l’environnement ne perturberait Gaïa. ». « Un slogan comme « la seule pollution, c’est la population » désigne une implacable réalité. » « Même avec un milliard d’humains, il serait encore possible de limiter ces pollutions. Mais vu notre nombre — près de sept milliards — et notre mode de vie actuel, elles sont intolérables. Si rien n’est tenté pour les limiter, elles tueront un grand nombre d’humains et d’autres espèces, et modifieront la planète de manière irréversible ».
En juillet 2001, lors de la conférence d'Amsterdam, intitulée « Challenges of a Changing Earth : Global Change Open Science Conference », à laquelle participent les quatre principales organisations de recherche sur le Changement Global, la théorie de Lovelock se voit consacrée dans le milieu scientifique : plus d'un millier de délégués signent alors une déclaration commune dont l'article principal énonce : « le système Terre se comporte comme un système unique autorégulé, composé d'éléments physiques, chimiques, biologiques et humains ». 

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Dans une longue série de conférences de 1969 aux années 2000, le professeur Albert Allen Bartlett explique que la croissance ne peut pas être « durable », car une évolution exponentielle se heurte inéluctablement à des limites physiques. Il considère la surpopulation comme « le plus grand défi » auquel l'humanité est confrontée et prônait un « mode de vie soutenable » (sustainable living). Il combat le courant de pensée cornucopien qui prêche une croyance en la capacité illimitée du progrès technique à résoudre tous les problèmes, représenté en particulier par Julian Lincoln Simon.

Plus récemment, la parution en 2005 du livre Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed de Jared Diamond, biologiste évolutionniste, physiologiste et géonomiste américain, a eu un succès retentissant. Il est traduit en français en 2006 sous le titre Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie. L'auteur définit son sujet comme suit : « Cet ouvrage utilise la méthode comparative pour comprendre l'effondrement de sociétés ayant pour origine des problèmes environnementaux. » Il étudie plusieurs civilisations qui se sont effondrées après avoir épuisé toutes les ressources de leur environnement, ainsi que d'autres qui ont réussi à éviter le pire en adoptant des pratiques respectueuses de l'environnement ou en s'appuyant sur les échanges avec l'extérieur.

De nos jours, certains scientifiques soutiennent encore qu'il n'y a pas de problème de surpopulation pour notre planète, s'appuyant sur les prévisions des Nations unies dont certains scénarios prévoient un plateau à partir de 2050 dans la courbe d'évolution de la population mondiale. Le microbiologiste Dr Alex Berezow affirme que la surpopulation n'est pas un problème du monde occidental, mais plutôt des pays d'Asie et d'Afrique ; il note cependant qu'avec l'enrichissement des pays émergents, la croissance démographique va ralentir, car elle est fortement liée à la prospérité économique d'un pays. On peut noter que cette prise de position occulte complètement les problèmes environnementaux.

Une enquête du Pew Research Center sur les différences d'opinions entre le public et les scientifiques, publiée en janvier 2015, révèle que 59 % des Américains pensent que la croissance de la population mondiale sera un problème majeur et que cette opinion atteint 82 % chez les scientifiques.

Le philosophe Michel Onfray remarque : « La géostratégie, la démographie, l'histoire passent pour des disciplines réactionnaires parce qu'elles disent ce qui est, ce qui a été et ce qui sera, alors que l'idéologie libérale qui domine, aussi bien sous Sarkozy que sous Hollande, préfère ce qui devrait être et communie dans ses fictions. Si un démographe travaille sur les taux de fécondité, il n'a pas encore produit un seul chiffre qu'il est déjà suspect de racisme. Nombre de questions sont désormais devenues impossibles à poser. Comment dès lors pourrait-on les résoudre ? Interdire une question, c'est empêcher sa réponse ».

D'après Wikipédia

 

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10 décembre 2018

L'OUVRIERE QUI FAIT TREMBLER LA FAST FASHION

Article de Elle magazine - octobre 2018

Enfant, Kalpona Akter travaillait dans une usine du Bangladesh. Aujourd'hui elle défend les travailleurs du textile et sa voix forte porte plus que jamais.

Il y a quelques années, elle aurait été qualifiée d'ouvrière du tiers-monde. Mais, à 42 ans, Kalpna Akter est ce qu'on appelle un "role model", une héroïne qui inspire par son histoire et ses combats. Distinguée en septembre parmi les 500 personnalités les plus influentes de la mode par le site, basé à Londres, "Business of fasion", Kalpona Akter a acquis une légitimité internationale à laquelle elle n'était pas destinée.

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A 12 ans, Kalpona a commencé à travailler dans un atelier de confection de Dacca. Avec son frère de 10 ans, ils étaient les seuls à ramener de l'argent pour nourrir leur famille de sept personnes. "Je gagnais 6 dollars par mois pour plus de quatre cents heures de travail. C'était très long... Les abus physiques et verbaux étaient constants. Il n'y avait pas de toilettes ni de sortie de secours... C'était notre vie." Deux ans plus tard, une grève éclate pour protester contre une baisse des salaires. L'adolescente est la seule fille parmi les 92 grévistes. Cette action, suivie d'une courte formation syndicale, a bouleversé sa vie. "C'est une seconde naissance : pour la première fois quelqu'un m'a dit que ma journée de travail devait durer huit heures, que je devais toucher un salaire minimum, que mes heures supplémentaires devaient être payées double, que je n'avais pas à être frappée à l'usine, qu'il devait y avoir une sortie de secours. Et j'ai appris quelque chose d'encore plus extraordinaire :je pouvais organiser un mouvement de grève !" A 14 ans, l'activiste Kalpona était née.

Aujourd'hui, fondatrice et directrice exécutive de l'ONG BCWS (Centre de solidarité des travailleuses et travailleurs du Bangladesh), elle milite pour la dignité des salariés. Avec les années, elle a acquis un discours résolu : "Notre salaire minimum est de 68 dollars par mois, ce qui est loin d'être assez pour une personne vivant au Bangladesh, surtout si elle a des enfants. Nous nous battons pour qu'il passe à 200 dollars. Et aussi pour que les ateliers soient sécurisés, pour que les ouvriers soient libres de rejoindre des syndicats, qu'ils ne soient ni menacés, ni battus, ni victimes de violences sexuelles au travail." Maillon essentiel de ces revendications, les grandes entreprises occidentales qui produisent leurs vêtements à bas coût au Bangladesh. Tout a changé depuis le 24 avril 2013, avec l'effondrement du Rana Plaza, où 1135 personnes ont été tuées. Dans les ruines, la chaîne de responsabilité se dessinait : elle commençait dans un atelier du bout du monde pour finir dans nos placards, parmi le fatras de t-shirts et de pantalons bon marché. Les marques ne pouvaient plus faire semblant de ne pas savoir. Cinq ans après, Kalpna Akter corrige tous les journalistes qui évoquent un "accident" ou une "tragédie". "Ce n'est pas une tragédie, c'est un désastre provoqué par l'homme. Il aurait pu être évité, mais le gouvernement, les entreprises et l'usine textile n'ont rien fait. Ils ont laissé ces gens mourir." Le Rana Plaza devient le symbole de la prise de conscience de l'industrie, la voix de Kalpona est écoutée, voire réclamée. "C'est une activiste des droits humains, pas une activiste de la mode. Mais, avec le Rana Plaza, les deux univers se sont rejoints", constate Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l'étiquette. Pour Isabelle Quéhé, représentante de Fashion Revolution en France, "on ne peut plus s'habiller en sachant que des gens souffrent pour produire nos vêtements. Il faut s'engager pour protéger les droits humains. Acheter c'est politique."

En cinq ans, la militante a obtenu quelques victoires. En 2013, un accord juridiquement contraignant sur la sécurité des bâtiments (Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh) a été signé par plus de 200 grandes marques, protégeant ainsi 2 millions de travailleurs sur les 4 millions que compte l'industrie dans le pays. Arrivé à échéance cette année, cet accord doit être renouvelé jusqu'en 2021 ( plus de 180 marques se sont déjà réengagées). En France, la loi sur "le devoir de vigilance", pour identifier et prévenir les risques sociaux et environnementaux tout au long de la chaîne de production, a été adoptée en mars 2017. Kalpona Akter ne s'en satisfait pas, c'est contre tout un système qu'elle se bat : celui de la fast fashion. Pour les marques comme pour les consommateurs, son discours est explosif. Elle épingle des géants comme Nike, Gap ou Walmart, qui n'ont toujours pas signé l'accord, et balaie les autocongratulations d'une industrie qui prétend s'être acheté une conscience. "L'industrie de la mode n'évolue pas. Le seul changement, c'est que la fast fashion gagne du terrain. Ceux qui font ces vêtements travaillent onze heures par jour, six jours par semaine, parce que les modèles doivent être en boutique trois semaines après avoir été imaginés ! C'est fou. Tout ça pour une tenue qu vous porterez deux ou trois fois... Et quand vous donnez vos vêtements "charitablement", savez-vous où ils vont ? Dans les pays en développement, parce que vous pensez que nous n'avons pas les moyens de nous vêtir ! Ca tue l'écosystème. Qui est responsable ? Les consommateurs. Les marques font de nous des idiots, il est temps de changer nos habitudes."

La plaidoirie est sans concession, et pourtant... début septembre, Kalpona Akter s'affichait en couverture de l'édition imprimée "Business of Fashion" comme la nouvelle héroïne d'un secteur en quête de révolution. Elle partage cet honneur avec François-Henri Pinault, patron du groupe de luxe Kering (Balenciaga, Saint Laurent, Gucci...). Kalpona Akter serait-ll aussi puissante que le milliardaire ? "Business of Fashion est l'organe international professionnel des décideurs. La mettre en couverture est un geste fort. C'est une façon pour elle de murmurer à l'oreille de ceux qui ont le pouvoir" observe Pierre-François Le Louët, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. En France, elle inspire des créatrices en quête d'un système responsable et durable. "Elle prouve qu'on peut défendre les travailleurs, que l'industrie doit repenser tout son système de production, que des entreprises qui génèrent des milliards peuvent être mises à pied par des activistes. Elle est l'incarnation des possibles, c'est notre Gandhi de la mode", assure Anaïs Dautais Warmel, fondatrice de la marque Les Récupérables.

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L'enthousiasme de cette nouvelle génération ne doit pas brouiller une autre réalité : si Kalpona Akter est élevée en égérie, c'est aussi parce que - contrairement à de nombreux activistes des pays du Nord - elle n'appelle pas au boycott des marques. Sa bataille, c'est celle de l'emploi et des droits des travailleurs au Bangladesh. "Le boycott est un suicide pour nous !" lance-t-elle. L'argument trouble le "consomm-acteur" occidental. Elle développe : "Achetez les vêtements made in Bangladesh, mais posez des questions. Demandez aux entreprises d'adopter un mode de production durable, exigez que des salaires plus élevés soient versés aux travailleurs. Les consommateurs doivent payer plus cher et s'assurer que l'argent va aux ouvriers, pas aux labels. En exerçant une pression, vous pourrez changer les choses. Apprenez aussi à porter un manteau pendant plusieurs hivers et non dix-sept manteaux pour un hiver !"

L'industrie de la mode produit plus de 80 milliards de vêtements chaque année. L'activiste somme les marques de ralentir et les clients de réagir. Mais elle n'est qu'un caillou dans le rouage d'une chaîne de production planétaire. Nayla Ajaltouni, d'Ethique sur l'étiquette, est lucide : "Elle a un poids politique plus qu'économiqu. Passer à côté de cette figure emblématique serait une erreur, mais je ne pense pas qu'elle puisse faire plier le business. L'ennemi est trop gros, il faudra plus que des figures pour le déstabiliser." En faisant la couverture de "Business of Fashion", elle entame un bras de fer avec les dirigeants. "Je n'ai pas les moyens de changer la vie des travailleurs en une nuit, mais eux le peuvent : s'ils le veulent, ils augmentent dès demain le salaire minimum." Kalpona Akter est puissante, mais c'est elle, plus que l'industrie, qui est régulièrement menacée. En 2010, son militantisme l'a menée dans les prisons de Dacca : un mois de détention dans des conditions inhumaines. Deux ans après, un de ses collègues a été enlevé, torturé et assassiné sans qu'aucune enquête n'identifie les coupables. "Cela représente des risques, mais les choses doivent changer, proclame-t-elle avec sérénité. Ma mère me disait : Quand il y a des injustices, il faut élever la voix. Si quelqu'un doit le faire, pourquoi pas toi ?"

 

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09 décembre 2018

LA MOBILISATION CITOYENNE PREND RACINE

Article de Lemonde.fr - décembre 2018

Le mouvement, horizontal et spontané, des ONG et beaucoup d’anonymes, s’interroge sur une convergence possible avec les « gilets jaunes ».

Ils veulent y croire : si les caméras sont braquées ailleurs, l’élan pour le climat est toujours là. Ce sursaut citoyen, ce foisonnement d’initiatives, cet engouement collectif, quelle que soit la façon dont ils le désignent, ne se laissera pas éclipser par les « gilets jaunes ».

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Samedi 8 décembre, les organisateurs des marches pour le climat l’espèrent, les rues de Paris et de 175 villes de France vont vibrer sous les appels à lutter contre le changement climatique ainsi que pour plus de justice sociale. Deux mouvements spontanés, horizontaux et nés sur Facebook, qui tenteront de partager le pavé.

« On cherche comment expliquer que l’on se bat pour une meilleure répartition des richesses afin de résoudre à la fois la crise climatique et sociale, avance Elliot Lepers, l’un des organisateurs. Mais il n’est pas évident d’être entendus car les “gilets jaunes” apparaissent comme un mouvement du peuple tandis que le discours écologiste semble toujours venir des élites. »

C’est pourtant bien de la base qu’a émergé un nouveau type de mobilisation en faveur du climat, la volonté d’agir rapidement, de manière autonome, sans attendre les dirigeants ni passer par les corps intermédiaires – associations, syndicats ou partis politiques. Après un été marqué par une série de catastrophes climatiques et par la démission fracassante de Nicolas Hulot du ministère de la transition écologique et solidaire, Maxime Lelong, un entrepreneur de 27 ans qui n’avait jusque-là jamais manifesté, lance sur Facebook un événement au succès inattendu : un appel à marcher pour le climat, le 8 septembre. Près de 130 000 personnes seront au rendez-vous, selon les organisateurs, en dehors des cercles militants traditionnels. Nouvelle onde de choc début octobre avec le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) enjoignant à des transformations « sans précédent » de la société pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. De nouveau, 130 000 manifestants défilent partout en France, le 13 octobre.

« Les ONG écologistes nous ont aidés pour l’organisation, mais à l’origine, il y a un rejet des structures existantes. Beaucoup de citoyens pensent que les associations sont inefficaces ou s’interrogent sur leur financement », explique Maxime Lelong.

« De plus en plus de gens veulent agir directement, inventer d’autres moyens de se faire entendre et peser sur la politique, que ce soit par des marches, des lobbys citoyens ou de la désobéissance civile », confirme Romain Slitine, maître de conférences en innovation sociale à Sciences Po et auteur du Coup d’Etat citoyen (La Découverte, 2016).

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Pour inciter à l’action individuelle, le collectif Il est encore temps propose des actions concrètes pour la protection de l’environnement (manger moins de viande ou s’inscrire à une formation de désobéissance civile). La vidéo de lancement, présentée par une vingtaine de Youtubeurs, a déjà été visionnée plus de 10 millions de fois, tandis que le site enregistre 170 000 inscrits par mail. Il y a aussi On est prêt, une campagne d’un mois, du 15 novembre au 15 décembre, lors de laquelle près de 80 Youtubeurs relèvent des défis pour réduire leur impact écologique (devenir zéro déchet, aller dans une banque qui ne finance pas les projets fossiles, etc.), et à laquelle 300 000 personnes se sont abonnées sur les réseaux sociaux. Ou encore le site Ça commence par moi, créé par Julien Vidal, un Grenoblois d’origine qui a décidé de réaliser chaque jour, pendant un an, un nouveau geste écologique. 

Si ces mouvements sont spontanés, ils ont également été portés par des professionnels de la mobilisation et du récit, dont la force réside tant dans les idées et la créativité, que dans un épais carnet d’adresses.

« On a besoin de fraîcheur et d’inventivité pour parler d’écologie et de climat, avec de nouveaux messagers, qui ont de l’influence », explique Magali Payen, la fondatrice d’On est prêt. La jeune femme de 33 ans, passée par le cinéma et la télévision, a réussi à convaincre de la rejoindre des célébrités comme Norman, EnjoyPhoenix ou Natoo, qui rassemblent plusieurs dizaines de millions d’abonnés, la plupart très jeunes. « Ils savent vulgariser des sujets complexes. Et leur prise de conscience écologique est récente, de sorte que lorsqu’ils expliquent leur transformation en cours, leur audience peut plus facilement s’identifier » , poursuit-elle.

Une prise de parole parfois risquée pour des Youtubeurs habitués à contrôler leur image. « Certains, comme Norman, ont hésité car ils ont eu peur que leur communauté leur reproche leur mode de vie, le fait de prendre souvent l’avion ou de profiter de la pub, précise Elliot Lepers, à l’initiative, avec d’autres, de la campagne Il est encore temps et fondateur du Mouvement, une ONG de mobilisation citoyenne. On leur a demandé d’assumer leurs contradictions et leur procrastination, celles de tout le monde. »

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Cette crainte, l’humoriste Swann Périssé, qui rassemble 320 000 abonnés sur sa chaîne YouTube, l’a ressentie avant de se lancer dans la campagne On est prêt. « Ma ligne éditoriale, c’est de faire marrer les gens. Je ne voulais pas les culpabiliser ou leur délivrer un message anxiogène en parlant d’environnement », reconnaît-elle. « Maintenant, je suis à l’aise et l’écologie est un vrai engagement dans ma vie », affirme celle qui est devenue végétarienne en janvier et qui est engagée dans la démarche zéro déchet. En se montrant, dans ses vidéos, « faire des courses avec [s]es sacs » ou « galérer sans démêlant à cheveux », Swann Périssé affirme avoir « sensibilisé et motivé certains de [s]es abonnés de manière douce, fun et accessible ».

« On a besoin de ce pluralisme de voix pour parler à tous, assure Victor Vauquois, de la chaîne YouTube Partager c’est sympa (45 000 abonnés), qui a coordonné la campagne Il est encore temps. On est en train de créer une initiative inédite, faisant intervenir des citoyens, des Youtubeurs, des ONG et différentes personnalités pour peser plus fort et remporter des victoires politiques qui nous renforcent tous. » Un travail mené avec Cyril Dion, auteur-réalisateur, notamment du documentaire Demain (avec Mélanie Laurent, en 2015), qui défend l’idée d’un lobby citoyen. Et avec les réseaux militants plus traditionnels, Les Amis de la Terre, Greenpeace, Attac, Alternatiba, ANV-COP21 ou 350.org. « On a tous intérêt à travailler ensemble. Les ONG peuvent apporter l’expertise, le savoir-faire en termes d’action de désobéissance civile ou la connaissance du plaidoyer politique auprès des décideurs, estime Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France. Eux savent mobiliser les gens pour descendre dans la rue. »

Mais comme pour les « gilets jaunes », l’organisation horizontale complique toute velléité de structuration. Le Collectif citoyen pour le climat, créé sur Facebook à la suite de la marche du 8 septembre, qui rassemble 70 000 membres, pâtit de divergences de points de vue pour trancher s’il faut s’allier ou pas avec les ONG, converger ou non avec les « gilets jaunes », etc. « Ce n’est pas à celui qui parle le plus fort comme lors de Nuit debout, mais à celui qui sera connecté le plus longtemps sur la page, parfois pendant seize heures par jour, pour imposer son point de vue. Cela décourage beaucoup de gens de bonne volonté », regrette Maxime Lelong, qui affirme « prendre du recul ». « Comme Cyril Dion ou Attac, je réfléchis à comment gagner des victoires politiques avec les “gilets jaunes”, comme sur la taxation du kérosène des multinationales et des compagnies aériennes », glisse-t-il. Pour que le sursaut citoyen, qu’il soit jaune ou vert, ne retombe pas.

 

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RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE (8) : CONTROVERSE

L'existence du réchauffement et le fait qu'il soit causé par l'activité humaine fait largement consensus au sein de la communauté scientifique et plus encore des climatologues. Cela n'exclut cependant pas des controverses portant sur :

  • le fonctionnement du GIEC : nécessité de vérifier rigoureusement les données produites, et de prendre en compte les avis divergents ;
  • la validité des conclusions du GIEC : importance du réchauffement, probabilité attribuée aux scénarios, importance des causes anthropiques, etc. ;
  • les conséquences du réchauffement (accusations de sur-estimation des effets négatifs et occultation des effets positifs) ;
  • les politiques à mettre en œuvre pour parer ce phénomène climatique (arbitrage des priorités entre les autres problèmes et celui du réchauffement ; arbitrage entre politiques destinées à éviter le réchauffement et politiques destinées à en compenser les effets).

Divers groupes d'intérêt (industrie, pétrole) finançant des laboratoires d'idées travaillent à produire un dissensus en noyautant ces débats ; lire déni du réchauffement climatique.

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D'après Wikipédia

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08 décembre 2018

SURPOPULATION (1) : INTRO

La surpopulation est un état démographique caractérisé par le fait que le nombre d'individus d'une espèce vivante excède la capacité de charge de son habitat, c'est-à-dire sa capacité à :

  • fournir les ressources nécessaires pour assurer la pérennité de cette espèce ;
  • réparer les agressions (pollutions, perturbation des régulations écologiques naturelles) infligées par cette espèce à son environnement.

Cette notion peut être envisagée à l'échelle d'un territoire (qui peut être local, régional, national, continental) ou de la planète Terre elle-même. Dans ce cas, les limites démographiques à prendre en compte comprennent de surcroit la sauvegarde des processus de régulation globaux (régulation de la température et de la composition chimique de l'atmosphère et des océans, des pluies, des courants marins, etc.), qui tendent à maintenir le système Terre dans un état propice à la vie.

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